Que faire immédiatement après un viol ?

3. Aller à la Police/gendarmerie ou à l’hôpital les plus proches

Appelez les numéros d’urgences pour pouvoir être accompagné(e)

1. VOUS METTRE EN SECURITE, OU TROUVER DE L’AIDE

Le temps de pouvoir réagir parce que la dissociation traumatique ou la sidération vous coupent sûrement des bonnes ressources

Appelez les services de secours, ou si vous ne pouvez pas :

  • Faites le point sur les lieux qui sont ouverts dans l’immédiat et ou vous pouvez vous sentir en sécurité.
  • Faites le point sur les personnes de confiance que vous pouvez appeler : si c’est la nuit, ce n’est pas grave parce que c’est une urgence. Si vous êtes déjà un(e) de mes patient(e)s vous pouvez m’appeler.
  • Si vous êtes en voiture allez vous garer devant une gendarmerie ou un hôpital, le temps de récupérer vos moyens ou de réfléchir.
2. NE PAS FAIRE DISPARAITRE LES PREUVES

Ne rien laver, ni vous, ni vos vêtements, ni ce que l’auteur à touché et ne rien jeter à la poubelle

Ne vous lavez pas, même les dents, pour permettre des prélèvements ADN et pour retrouver ou mettre en cause l’auteur des faits. Si vous vous êtes déjà lavé(e), il reste possible de faire des prélèvements, mais les délais sont très courts.

Si vous voulez vous changer de vêtements, cela reste possible, mais prenez soin d’emballer vos vêtements pour l’ADN (plutôt dans des sacs papier que plastique) et ce que l’auteur a touché pour les empreintes

3. APPELEZ LES SERVICES D’URGENCE, POLICE SECOURS OU LA GENDARMERIE

Téléphonez au 17 ou au 112 

Si vous êtes dans l’incapacité de parler, ou sourd ou malentendant, envoyez un SMS au 114 ou envoyez un message sur ce site : 

https://www.service-public.fr/cmi : pour y accéder directement cliquez sur le lien suivant en bleu Accueil Particuliers | Service-public.fr  

Pour information, un viol est un crime et c’est une « acte de pénétration sexuelle commis avec violence, contrainte, menace ou surprise » (dans ce dernier cas, la victime est trompée par la ruse de l’agresseur) Source : Viol commis sur une personne majeure | Service-public.fr  »

Si vous souhaitez déposez une plainte, il est urgent de le faire le plus rapidement possible, parce que les preuves peuvent s’estomper ou disparaitre dans les 72h. Si vous vous sentez mal à l’aise dans un service de police ou de gendarmerie, vous pouvez changer de lieu.

L’HOPITAL

Que vous déposiez une plainte ou non, il est essentiel de faire des examens rapidement

Si vous passez par la police ou la gendarmerie, il y aura très probablement certains requêtes de leur part auprès des services hospitaliers (examens cliniques génitaux, anaux, corporels pour les blessures, fistules et ecchymoses, prélèvements ADN, analyses sanguines au cas ou vous ayez été drogué(e), etc.)

Si vous décidez de ne pas porter plainte il est tout de même important de vous rendre à l’hôpital :

  • Pour prendre des mesures contre les infections sexuellement transmissibles ou divers troubles gynécologiques (il existe des traitements préventif du VIH, mais le délai de 1ere prise pour qu’ils soient efficaces est de quelques heures)
  • Pour prendre en charge les lésions traumatiques liées à ces violences
  • Pour prendre des mesures contre une éventuelle grossesse non désirée, si vous êtes une femme
  • Ou enfin pour disposer d’un dossier médical, si dans quelques temps vous décidez de déposer une plainte
LES UNITES MEDICO-LEGALES

Si vous déposez une plainte vous serez reçu(e) pour un/des examen(s) aux Unités Médico-Légales du département

C’est un rendez-vous important, parce que cet examen va déterminer le taux d’ITT et va constituer un document judicaire déterminant. Lorsqu’il y a des lésions physiques la convocation peut être quasi-immédiate, mais pour les lésions psychiques, l’état de stress post traumatique ne se diagnostique qu’après un mois et il est fréquent qu’il y ait un délai d’attente.

LES SOINS ET LA DESENSIBILISATION TRAUMATIQUE

Plus un traumatisme est pris en charge rapidement et plus il est facile à désensibiliser mais attention !

Si vous décidez de déposer une plainte, il est nécessaire que le constat du traumatisme (ESA ou ESPT) ait été fait préalablement par les Unités Médico-Légales. En effet, par expérience, un certificat d’un thérapeute même spécialisé et non médecin ou d’un généraliste seront davantage remis en cause par la défense, face à la justice, que l’évaluation médico légale.

Les techniques de soins les plus efficaces et rapides sont, de mon point de vue, le Brainspotting et l’EMDR

Prenez bien soin de vous, et rappelez vous que c’est à l’auteur des faits et non à vous, de se sentir coupable ou d’avoir honte